Xroads : « Les Chics Types font leur BO ! »

Après un 1er album de compositions qui a permis à ce jeune combo lyonnais d’émerger, le trio s’encanaille cette fois-ci dans la visite jubilatoire, et acoustique, d’une poignée de titres légendaires puisés dans le répertoire pop, rock et même d’ailleurs… Ces types font leur propre BO à l’image de ce qu’ils sont, festifs, sincères et talentueux. C’est Chic !
Par Francis Rateau – Xroads juin 2011

Alors comme ça, les Chics Types sont allés frapper à la porte de quelques gloires aussi diverses que Depeche Mode, Dylan, Otis Redding, Stones, Téléphone ou Noir Désir, et pour leur piquer effrontément leurs tubes ?
Oui et il n’y a plus qu’à espérer qu’ils nous rendront la pareille en nous piquant les nôtres (rires). L’idée de cet album était de montrer une autre facette du groupe. Le précédent album n’était composé que de compos. Or, en concert, on aime aussi s’aventurer dans des reprises, parfois très décalées. On nous a souvent suggéré de les enregistrer. .C’est chose faite ! En tout cas pour certaines d’entre elles…Car on a encore du stock !

Comme une envie de vous faire votre propre playlist ?
Ce disque c’est une toute petite partie de la bande originale de notre vie. C’est d’ailleurs le titre de l’album « Hey ! Ma B.O. ». Ce sont des titres qui nous ont tous marqués, qui nous rappellent des moments, des souvenirs. La musique a un pouvoir assez unique, celui de faire voyager dans le temps. C’est une idée bien résumée par cette phrase de Kent : « quand on évoque un livre, une peinture, un film, on se rappelle l’œuvre de quelqu’un. Quand on se souvient d’une chanson, on se rappelle de soi ». Kent a d’ailleurs gentiment accepté de nous prêter sa voix pour enregistrer ce texte qui figure en ouverture du CD. Encore un chic type !

Pourquoi le choix acoustique ? Pour faire « unplugged » ?
Depuis plusieurs mois, on tourne 100% acoustique avec des instruments en bois, des concerts bio, quoi ! On a aussi rajouté de nouveaux instruments par petites touches … Jean-Yves s’est initié au cajon, un instrument de percussion et Cédric au ukulélé, en plus de la basse et de l’harmonica. Cette formule nous correspond bien ! Nous avons été très surpris de voir que l’acoustique nous permettait même parfois de gagner en énergie, et on a choisi de la reproduire sur l’album. Et c’est une vraie satisfaction, quand on s’attaque à des morceaux électriques, d’en faire des versions acoustiques qui groovent !

Ce versant folk-rock acoustique renforce le chant, du coup plus présent. Il a fallu un travail de la voix pour visiter autant de styles différents ?
Pour la voix, comme pour les instruments, ce qu’on entend c’est le résultat des répétitions et surtout de dizaines de concerts. C’est un compliment qui nous revient régulièrement, de plus en plus, et ça fait très plaisir ! Ce voyage étonne car il est varié, et vivant ! On y sent l’humour et en quelque sorte la fête. Est-ce ça, l’esprit de ces Types vraiment Chics ? Lors du lancement du 1er album, notre ami Jacques Chambon (le Merlin de Kaamelott, la série TV) a fait un petit mot d’intro en disant que lorsqu’on assistait à un concert des Chics Types on avait un peu l’impression de venir faire une fête entre potes ! Oui c’est ça l’esprit des Chics Types. De plus, sur cette tournée, qui s’appelle « rythmes acoustiques », la nouvelle formule facilite l’interaction avec le public et donne des concerts vraiment chaleureux. Du sérieux dans le travail mais toujours de la bonne humeur qui passe auprès du public. Dans le climat actuel, on nous dit souvent qu’on en a bien besoin…

Il y a un vrai travail dans les arrangements et le rendu sonne sobre et simple…
On a toujours fait un gros travail à trois sur les arrangements et sur le son. Comme tu le dis, pour faire réagir le public, être percutants, on a compris, avec le temps, que la priorité était de réussir à sonner comme une seule entité, avant de chercher à jouer au mieux chacun de notre côté. C’est ce son qu’on a cherché à reproduire en studio où on a enregistré dans les conditions du live, tous ensembles, pour retrouver cette puissance et cette énergie. Nous avons été aidés en cela par notre ingénieur du son, Patrice Tavernier, un maître absolu de la prise de son d’instruments acoustiques mais également de Philippe Crova, qui a masterisé l’album. Philippe est musicien dans un groupe Punk Rock, les Camel Spiders – encore un sacré mélange ! – et a apporté son oreille et sa patte au son global du CD.

L’ouverture sur un titre de Dylan, ‘Knockin’ On Heaven’s Door’, un clin d’œil ?
Oui, le choix de ce titre en ouverture s’est d’ailleurs vite imposé… Il y a tellement de choses dans cette chanson.et il s’agit bien de frapper à la porte du paradis …

Il parait que la reprise de « Hygiaphone » a été particulièrement appréciée de Bertignac ?
Oui et on a des preuves ! Ça s’est passé sur Ouï FM où il était l’invité de la matinale. L’animateur lui a passé notre reprise et Bertignac s’est vite montré enthousiaste à l’écoute du titre, alors qu’il n’avait au départ pas trop envie d’évoquer les années Téléphone…Tu peux imaginer le bonheur pour nous d’entendre une de nos reprises approuvée ainsi par une personne pour laquelle nous avons un grand respect !

Heu, pourquoi cet air futile des 80’s de Patrick Coutin « J’aime regarder les Filles », que vous repeignez aux couleurs rock avec, là encore, beaucoup de distance ?
C’est un délire de scène, ce titre a un côté hyper sensuel, on peut même dire jouissif ! A chaque fois, ce titre enflamme l’audience, et on entend hurler les filles, c’est énorme !!! C’est un titre qui s’est vite imposé dans notre bande originale …

Votre façon de traiter la chanson de Noir Désir, « Le Vent Nous Portera », lui ôte peut-être un peu de tension mais la rend d’une beauté inouïe, et si actuelle pour son créateur. Cantat l’a-t-il entendue et si oui, qu’en a t-il pensé ?
Oui, elle a ce mélange de fragilité et d’émotion vraiment communicatifs qui font que, tout en gardant l’esprit de la chanson d’origine, désormais un classique, elle sonne vraiment différemment. Il y a une certaine pureté dans le son et une légèreté touchante renforcée par le Ukulélé et le chant de Cédric, c’est d’ailleurs le premier titre qu’il chante sur un album des Chics Types ! Non Cantat ne l’a pas entendu mais si tu as ses coordonnées nous lui enverrons avec plaisir (rires).

Ok, je vais lui dire…. Hum, l’une de mes chansons préférées est le « Personal Jesus » ! Elle est beaucoup plus proche de la version de Johnny Cash que de Depeche Mode, grave, intense et gospel, avec une guitare obsédante et un harmonica envoûtant. Non ?
Bien vu ! Nous sommes tous les trois des grands fans de Johnny Cash. On a bien sûr beaucoup pensé à lui, tant mieux si cela s’entend et que ça sonne bien. Mais cette version est autant un hommage à lui qu’aux créateurs de la chanson, en particulier Martin Gore de Depeche Mode, un génie qui est capable de mettre la technologie au service de l’émotion et d’une créativité sans bornes, ce qui nous touche aussi. Nous avons tenté de reprendre le côté sombre de son interprétation.

Deux titres italiens dont le « Bella Ciao » qui servit l’histoire du chant protestataire, et surtout celle des partisans italiens durant la guerre. Le côté engagé des Chics Types ou des racines italiennes ?
Oui, ces deux titres sont des protest songs à l’italienne ! Nous avons profité des racines de Christian pour européaniser cet album qui est interprété au final en 3 langues différentes. Bella Ciao est un hymne de la résistance, fort de sens dans le contexte politique actuel de l’Italie, évidemment, mais aussi au-delà de ses frontières. Son message est universel, on s’en rend bien compte car Bella Ciao fait toujours immédiatement réagir le public.

Pourquoi pas un bon blues puisque j’en connais au moins un parmi vous qui est très connecté sur la musique du diable ?
L’esprit du blues transpire souvent dans cet album, des morceaux jusqu’à la pochette qui est un hommage au peintre américain Edward Hopper qui a su peindre l’Amérique populaire comme personne avant lui. C’est d’ailleurs en écoutant les titres de l’album, que l’idée de cette pochette est venue à Oras, notre photographe. Le blues est présent dans les arrangements et le son même s’il n’y a pas de reprise blues à proprement parler. Peut-être qu’on s’attaquera à un blues sur un prochain album mais ce n’est pas impossible qu’on en fasse tout à fait autre chose …

Il faut parler de votre propre reprise, « Ma Bo », déjà gravée sur votre précédent album, mais qui sert, en quelque sorte, à annoncer le programme de l’album. Vous auriez pu la placer en ouverture…
Oui, nous avons eu ce débat mais on ne voulait pas mettre trop en avant nos compos sur ce disque, ce n’était pas l’objet. Donc elle termine le CD, un peu comme un film où il faut attendre le générique final pour savoir ce qu’on y a vu …

Ces versions auraient pu aussi être plus délirantes, comme pour porter votre BO à l’excès. Pourquoi cette retenue ?
Le côté délirant, on ne s’en prive pas sur scène, avec des reprises encore plus improbables. C’est d’ailleurs très adapté à nos concerts car ils sont une occasion de s’amuser et faire la fête. Ce n’est donc pas tant une retenue que l’envie de faire un disque agréable à écouter, disons même « chic », parfois décalé, tout en restant respectueux des titres d’origine.

Bon allez, ne boudons pas notre plaisir avec ce dernier morceau, « Dans ma Compil, Y’Aura Cabrel », une sorte de making of en bonus, un salut final sur fond de Cabrel dézingué… Bien joué, les Chics Types !
N’en disons pas plus pour garder la surprise …

Les Chics Types sont :
Christian Biral
Cédric Vernet
Jean-Yves Demure 

www.chicstypes.fr

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